A…comme association

Une des associations professionnelles les plus anciennes 

Après l’association des bibliothèques américaines créée en 1876, puis l’association des bibliothèques anglaises, créée un an après, la Japanese Library Association (JLA) a été officiellement fondée en 1892 par Tanaka Inagi, le premier directeur de la bibliothèque nationale japonaise. 

Depuis ses débuts, la JLA soutient l’activité des bibliothèques et des bibliothécaires. Elle se donne aussi pour objectif de promouvoir la lecture et la culture dans toutes ses dimensions. Association d’intérêt publique, dirigée par un conseil élu et un bureau, forte de près de 7000 membres dont une petite moitié sont des membres individuels, la JLA, en temps normal, organise tous les ans un congrès national dans une ville au Japon ainsi qu’une trentaine des séminaires, ateliers et journées d’étude. Elle est aussi à l’origine du lancement chaque 30 avril de la journée des bibliothèques. Cette initiative, inaugurée en 1971, fêtera ses cinquante ans cette année. 

Son organisation

L’association regroupe six départements avec principalement les bibliothèques publiques, les bibliothèques universitaires, les bibliothèques des collèges et les bibliothèques scolaires et les bibliothèques spécialisées.

L’activité se décline en 7 axes principaux :

  • Formation des personnels
  • Conseil auprès des bibliothèques 
  • Enquêtes 
  • Création d’outils d’aide à la gestion de bibliothèque  
  • Publications 
  • Campagnes de promotion
  • Coopération nationale et internationale 

Pour la mise en œuvre, la JLA s’appuie sur le travail de ses membres et de groupes de travail : copyright, liberté intellectuelle, conservation, enfants et jeunes adultes, relations internationales, management mais aussi comité pour la santé ou bien questions concernant les catastrophes naturelles font partie des thématiques de cette longue liste composée de 28 comités. 

Une activité éditoriale soutenue

Acteur majeur de la vie de la profession, la JLA a développé depuis les débuts des années 50 une activité éditoriale importante avec, à ses tous débuts, la publication d’outils régulièrement mis à jour  (Nippon decimal classification, manuels de catalogage, management et gestion des bibliothèques) et des collections thématiques. 

Depuis 1953, les résultats statistiques d’une enquête conduite au niveau national sont publiés tous les ans dans Les bibliothèques japonaises (Statistics on Library in Japan, disponible en version papier, elle est consultable en ligne sur abonnement.

Avec le livre de l’année, le Library Yearbook, dont la première édition date de 1982, il est possible de s’informer très précisément sur l’activité des bibliothèques publiques et universitaires. Ces deux titres sont des mines d’information indispensables pour étudier l’activité des bibliothèques japonaises.

Le mensuel, le Magazine des bibliothèques (Toshokan sasshi) est également une source d’information incontournable et complémentaire.

 

La bibliothèque préfectorale d’Okinawa

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La bibliothèque préfectorale d’Okinawa ou la bibliothèque armoriée

Dépositaire de la mémoire écrite et sonore de la culture d’Okinawa et des îles Ryūkyū, la bibliothèque préfectorale d’Okinawa occupe une place à part parmi les 58 bibliothèques préfectorales du Japon.

Okinawa et les îles Ryūkyū : une géographie, une histoire, une bibliothèque

Situé dans le Pacifique sud, entre l’île de Kyushū au nord-est, et Taiwan au sud-ouest, l’archipel des Ryūkyū est composé d’une soixantaine d’îles, regroupées dans un périmètre de plus de 3300 km2, avec trois archipels (Amami, Okinawa, Sakishima). Okinawa est la plus grande île, et Naha, sa capitale, est la ville plus peuplée (317 000 habitants). La préfecture actuelle recouvre les archipels d’Okinawa et de Sakishima avec une population totale de 1 420 000 habitants.

  

Avant de devenir japonaises, les îles Ryūkyū ont été un royaume pendant quatre siècles (1429-1879). Sous emprise chinoise puis japonaise, ce royaume maritime a tissé des liens commerciaux avec plusieurs pays de l’Asie du Sud-Est. Au fil du temps, une culture particulière, influencée par les cultures chinoise, coréenne et japonaise, y a prospéré avec ses dialectes, ses rites religieux, ses monuments funéraires, ses arts (danse, théâtre, musique, architecture), son artisanat (tissage, verrerie, poterie, laque) et sa gastronomie (cuisine Kyûtei Ryôri).

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B comme bibliothèque

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En japonais, bibliothèque se dit « toshokan », 図書館, avec tosho – 図書 – le livre – et kan – 館 –  le bâtiment. Deux termes ont désigné la bibliothèque : shokajukan (書籍館) et bunko (文庫).

Le mot plus ancien de Shojakukan (書籍館) qui a servi de dénomination pour la première bibliothèque publique construite sous l’ère Meiji est tombé en désuétude. Quand au terme de bunko (文庫), il est uniquement utilisé pour nommer les bibliothèques pour enfants tenues par des bénévoles. 

Le terme actuel de toshokan s’est imposé aux alentours des années 1880. S’il existe un terme japonais pour signifier « bibliothèque », il n’en reste pas moins que la bibliothèque moderne au Japon est un produit d’importation occidentale dont les origines remontent à l’ère Meiji.

En 1853, les Etats-Unis mettent fin au « sakoku » (littéralement « fermeture du pays »), la politique isolationniste du Japon qui a duré pendant deux siècles, de 1650 à 1852. Quelques années après la réouverture du pays, plusieurs ambassades de haut-dignitaires japonais partent vers les Etats-Unis et l’Europe. Les buts sont autant politiques que scientifiques. Politiques car il s’agit de renégocier les traités « inégaux » qu’a signé le Japon avec les puissances occidentales. Scientifiques car il s’agit aussi d’observer et d’étudier la civilisation occidentale dans toutes ses dimensions afin d’en tirer tous les enseignements utiles à la modernisation du Japon. 

Fukuzawa Yukichi, personnalité majeure du Japon moderne, participe à la première mission diplomatique aux Etats-Unis en 1859. Il est l’un des tout premiers à visiter des bibliothèques occidentales. A son retour, il fonde une école qui deviendra plus tard l’université Keio. Viennent ensuite Tanaka Fujimaro, ministre de l’Education, des sciences et de la culture, et Josef Hardy Neesima, fondateur de l’université de la Doshisha, tous deux membres de la mission Iwakura en 1871.

Tanaka Inagi, premier directeur de la bibliothèque impériale, visite en 1890 la bibliothèque du Congrès à Washington et plusieurs bibliothèques nationales en Europe afin de jeter les fondements de la future bibliothèque nationale japonaise.Les premiers bâtiments ouvrent au début des années 1870.  Leur architecture témoigne d’une influence occidentale dont la trace perdure jusqu’à notre époque.

Repères chronologiques

La bibliothèque citoyenne de Setouchi

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MOMIWA, l’aventure citoyenne de la bibliothèque de Setouchi

Citoyenne, la bibliothèque de Setouchi porte bien son nom. Voulue par les citoyens, elle a été faite pour eux et avec eux. Son histoire commence en 2009, lorsque le maire sortant promet dans son programme électoral une nouvelle bibliothèque.

La bibliothèque de Setouchi a reçu le prix de la Bibliothèque de l’année en 2017.

La ville de Setouchi et les alentours

Sur l’axe est-ouest du Shinkansen entre Hiroshima et Kyoto, à trente minutes d’Okayama, capitale éponyme de la préfecture, la ville de Setouchi, créée en novembre 2004, regroupe trois anciens bourgs : Osafune au nord, Oku au sud-ouest et le port d’Ushimado, donnant sur la mer intérieure de Seto, au sud-est. 

Très impliquée dans le développement du tourisme pour redynamiser la région, la ville communique sur ses atouts, avec son histoire ancienne, ses savoirs faire ancestraux et la beauté de son littoral, de son oliveraie et de ses couchers de soleil. Elle est notamment réputée pour ses katana, fabriqués depuis la période Heian, et pour ses poteries,  activité elle aussi très ancienne et très répandue. A quelques kilomètres de là, se trouve la ville de Bizen mondialement connue.  Depuis son ouverture en juin 2016, la bibliothèque est présentée comme l’un des points forts de Setouchi.

Les “Toshokan future meeting”

Le site web de la ville évoque « l’état inacceptable de l’ancienne bibliothèque » dont on ne trouve guère de trace. Un an après l’élection du maire en 2010, une commission est créée pour élaborer un programme. Par le biais d’une pétition, des citoyens de la ville s’invitent dans le projet.

En 2011, le futur directeur de la bibliothèque est recruté. Il met en place des ateliers de consultation citoyenne, les « Toshokan Future Meeting », fondés sur une démarche participative qui inspirent, nourrissent et définissent les contours de la nouvelle bibliothèque. Tout le monde est invité à exprimer ses besoins et ses attentes : homme, femme, enfant, adolescent, adulte, personne âgée, femmes au foyer, collégiens, lycéens, actifs, retraités…  Près de vingt sessions sont organisées pendant cinq ans. 

Autre particularité du projet, la bibliothèque étant construite à la place de l’ancien musée municipal, à coté du centre social municipal, une partie des collections muséales sont intégrées dans la programmation scientifique et architecturale. Les habitants sont invités, là aussi, à faire des propositions.

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La bibliothèque du Nichibunken

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Situé à l’ouest de Kyoto, le Kokusai Nihon Bunka Kenkyū Sentā ou Nichibunken est un centre international de recherche dans le domaine des études japonaises. La majeure partie de ce complexe qui comprend plusieurs bâtiments dont des salles de séminaires, un auditorium, un restaurant et deux résidences pour les chercheurs étrangers, a été construite entre 1989 et 1994.

Placée au centre, avec l’équivalent d’un quart de la surface bâtie, la bibliothèque occupe une place de choix dans cet ensemble unique. Avec sa forme cylindrique et son dôme, elle est aisément repérable de l’extérieur. On y accède une fois franchie la cour pavée, armoriée au motif « seigaiha ». Si la conception d’ensemble du Nichibunken est d’inspiration japonaise, la bibliothèque est, quand à elle, d’inspiration occidentale.

L’architecte, Uchii Shozô, a fait le choix classique d’une rotonde. Les salles de lecture du Thomas Jefferson Building de la bibliothèque du Congrès à Washington et de la bibliothèque publique de Stockholm ont été ses principales sources d’inspiration. L’esthétique a été particulièrement soignée avec une recherche évidente d’harmonie dans l’organisation des formes et des volumes.

Depuis l’entrée, l’usager est guidé vers un édicule en forme de kiosque. Au centre de la circonférence, il sert de point d’accueil. Au sommet du dôme, un oculus et des vitraux répartis tout autour diffusent une lumière tamisée.

Principalement orientées en sciences humaines, toutes les collections de la bibliothèque du Nichibunken portent sur le Japon avec une forte représentation d’ouvrages en japonais mais également en chinois et en anglais. Leur accroissement a nécessité la construction d’annexes en 1994, en 2010 puis en 2014. Placées en enfilade, elles communiquent entre elles horizontalement et verticalement pour faciliter la circulation à l’intérieur des quatre bâtiments. La capacité maximum prévue est de 600 000 ouvrages.

Destinés à un public restreint de chercheurs, ces magasins sont en accès libre et ont été aménagés, pour certains d’entre eux, pour y travailler. En 2018, 22 300 entrées ont été comptabilisées.

  • Architecte : Uchii Shozô
  • Année d’ouverture : 1990
  • Bibliothèque intégrée dans un complexe  
  • Superficie du Nichibunken : 18 739 m2
  • Superficie de la bibliothèque : 4 830 m2
  • Livres : 556 500