H comme handicap

H comme handicap…dans les bibliothèques japonaises

Avec ses équipements destinés à aider les personnes handicapées, le handicap est visible et audible dans le paysage urbain japonais. Lorsque l’on arpente les rues principales des villes japonaises, on ne peut pas ne pas remarquer, sur les trottoirs, la présence de chemins balisés, de couleur jaune, avec des rainurages. Ces bandes d’éveil de vigilance (BEV) ou , en d’autres termes, ces bandes podotactiles, sont à destination des personnes mal voyantes pour qu’elles puissent circuler et se repérer. Aux passages cloutés, il y a le traditionnel signal sonore qui se déclenche une fois que le feu, passé au rouge, informe que le champ est libre pour traverser. 

Service et personnes handicapées

Juste quelques jours après mon arrivée à Kyôto, je me souviens, à la station de métro Imadegawa, d’avoir vu un employé aider une personne en fauteuil roulant à monter dans un wagon. A la station suivante, devant le bon numéro de wagon, un autre employé attendait la personne et l’aidait à descendre en quelques secondes. Point de système compliqué pour que le siège roulant puisse se hisser du quai au niveau de la rame, un marche pied pliant, posé en plan incliné, faisant l’affaire, le personnel étant là, au bon moment. Courtoisie, simplicité et efficacité. Le système D à la Japonaise au service du handicap. 

Handicap, bibliothèques et bâtiments

Lors de mes visites dans les bibliothèques publiques, j’ai pu remarquer un certain nombre d’invariants. Au niveau de la circulation, on note trois éléments importants : des rampes inclinées, des ascenseurs et les fameux BEV, identiques à celles que l’on trouve dans les rues, qui dessinent le circuit indispensable pour se rendre aux points névralgiques de la bibliothèque.

Dans les bibliothèques plus récentes, la signalétique est aussi en braille. Dans les toutes nouvelles bibliothèques, comme à la Mirai On, la bibliothèque préfectorale d’Omura-Nagasaki, on remarque des mentions en braille jusqu’aux rampes dans les cages d’escalier.

A Kôchi, la sophistication technique va jusqu’au système de détection de présence à proximité des toilettes avec une alerte vocale. 

Autre particularité, il y a, à la bibliothèque préfectorale d’Ôsaka, à l’extérieur du bâtiment, à proximité d’une des entrées, un emplacement avec un point d’eau pour nettoyer son chien avant de rentrer à la bibliothèque.

Collections et handicap

En ce qui concerne, les collections, les rayons avec des ouvrages en gros caractères sont monnaie courante. Depuis quelques années, les collections d’ouvrages faciles à lire pour des personnes ayant des déficiences mentales ont fait leur apparition.

Beaucoup de bibliothèques participent au programme DAISY, qui encourage et soutient l’enregistrement d’ouvrages sur CD. Aussi curieux cela puisse paraître, les supports physiques sont encore très utilisés au Japon. On vend encore dans les rayons Hi-Fi des grands magasins tels que Yodobashi ou Bic Camera des lecteurs de CD et des supports à graver. Le Japon, alliance de la tradition et de la modernité, pays des robots et du fax. Les clichés ont la vie dure mais il y a une part de vrai, forcément. 

Equipements, matériels et handicap

Au niveau des équipements, la majeure partie des bibliothèques possèdent des salles d’enregistrement, en lien avec le programme DAISY.  Beaucoup ont des petites salles dédiées à la lecture en face à  face. Les séances de lecture sont généralement assurées par des bénévoles. Le mobilier, bien évidemment, comprend des adaptations pour personnes handicapées : places plus larges, tables basses et postes de consultation catalogue à hauteur réglable.  

Parmi le matériel mis à disposition, on remarque fréquemment des agrandisseurs en libre-accès, pour améliorer le confort de lecture. Plus généralement, à proximité des entrées ou des accueils, on trouve des fauteuils roulants en accès libre, pour les personnes qui se déplacent difficilement. On ne reparlera pas des toilettes qui ont fait l’objet d’un article précédent.

La nouvelle bibliothèque préfectorale de Kôchi

Parmi les nouveaux équipements, Otepia, la grande bibliothèque de la préfecture de Kôchi, sur l’île de Shikoku, est incontestablement l’une des plus en avance sur le sujet, avec une bibliothèque spécialisée particulièrement riche.

L’Otepia Kochi Voice and Braille Library propose une collection de matériels pour aider à la lecture depuis les traditionnelles loupes, avec de degrés variables de grossissement jusqu’aux ordinateurs ou autre stylo de lecture. 

La collection de documents rassemble une collection d’ouvrages en braille et sur support CD. 

Dans les bibliothèques, le handicap et l’accueil des personnes en situation de handicap sont au Japon un vrai sujet de préoccupation. Un exemple à méditer.

Si vous avez aimé l'article, vous êtes libre de le partager :-)

Laisser un commentaire

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires