La bibliothèque municipale de Kensennuma

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La bibliothèque de Kensennuma, la bibliothèque rescapée du tsunami

Nouvelle bibliothèque de Kesennuma – Livret du 100ème anniversaire

Le 11 mars 2011, à 14 h 46, un tremblement de terre d’une intensité exceptionnelle, 9,1 de magnitude, frappe le Japon. Les secousses ont été ressenties dans tout le pays, du nord au sud, et même au-delà. 

La zone la plus sinistrée a été la région du Tōhoku, au nord-est, à la pointe de l’ile principale d’Honshū. Le Tōhoku regroupe six préfectures : Akita, Yamagata, Aomori, Iwate, Miyagi et Fukushima. Donnant pour une part sur la façade de l’Océan Pacifique, les préfectures d’Iwate, de Miyagi et de Fukushima ont été très touchées.

Si le séisme a causé que des dégâts relativement limités, grâce à la qualité des constructions antisismiques, c’est le tsunami, conséquence directe du séisme, qui a été le plus destructeur. A lui seul, il est responsable de 90% des pertes humaines et, à l’origine de l’accident nucléaire de Fukushima.

Le bilan humain et matériel est très lourd. Six cents kilomètres de côtes ont été ravagés. On compte près de 20 000 morts et disparus. Plus 330 000 habitations ont été détruites. Des milliers de personnes se sont retrouvées sans abri et ont été déplacées. Dix ans après, la reconstruction continue. Le titanesque et impressionnant chantier de sécurisation des côtes se poursuit. Les populations sont restées marquées par cette catastrophe mais elles n’ont pas ménagé leurs efforts pour reconstruire et se battent encore pour leur avenir.

Dans la préfecture de Miyagi, Kensennuma, l’un des plus grands ports de pêche du pays, a beaucoup souffert. En raison de la violence des secousses, le sol s’est affaissé à certains de endroits de soixante-quinze-centimètres. Des quartiers entiers de la ville ont été ensevelis. Les infrastructures locales de l’industrie de la pêche ont été ruinées. Aujourd’hui, sur bien de nouvelles habitations, le niveau maximal de la montée de la mer figure sur les façades. Dix ans après, une ville nouvelle émerge mais le souvenir du tsnunami demeure.

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La bibliothèque municipale de Sumoto

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Comment une usine Kanebo est devenue une bibliothèque

Avec la bibliothèque municipale de Kita, au nord de Tokyo, qui a intégré une partie des bâtiments d’une ancienne usine d’armement construite après la première guerre mondiale, la bibliothèque de Sumoto est l’une des rares bibliothèques réalisée dans le cadre d’un projet de reconversion d’un site industriel.

L’île d’Awaji, hier et aujourd’hui

Située dans la préfecture d’Hyōgo, Sumoto est la ville principale de l’île d’Awaji. Entre Honshu et Shikoku, sur la mer intérieure de Seto, cette île semble avoir une histoire ancienne. Son nom figure dans le texte le plus ancien en langue japonaise, le Kojiki, datant de 712. Ce texte est à la fois une cosmogonie et un ensemble de récits mythologiques racontant la création du Japon. Selon le Kojiki, l’île d’Awaji aurait été la première île créée par les divinités shintô Izanagi no Mikoto et Izanami no Mikoto. Plus proche de nous, l’île est une destination touristique, prisée de la clientèle japonaise : spécialités gastronomiques, temples et sanctuaires, parc d’attractions, sports de mer et loisirs de plein air, plages et parcs en fleurs pendant le printemps, les atouts ne manquent pas. 

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La bibliothèque préfectorale d’Okinawa

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La bibliothèque préfectorale d’Okinawa ou la bibliothèque armoriée

Dépositaire de la mémoire écrite et sonore de la culture d’Okinawa et des îles Ryūkyū, la bibliothèque préfectorale d’Okinawa occupe une place à part parmi les 58 bibliothèques préfectorales du Japon.

Okinawa et les îles Ryūkyū : une géographie, une histoire, une bibliothèque

Situé dans le Pacifique sud, entre l’île de Kyushū au nord-est, et Taiwan au sud-ouest, l’archipel des Ryūkyū est composé d’une soixantaine d’îles, regroupées dans un périmètre de plus de 3300 km2, avec trois archipels (Amami, Okinawa, Sakishima). Okinawa est la plus grande île, et Naha, sa capitale, est la ville plus peuplée (317 000 habitants). La préfecture actuelle recouvre les archipels d’Okinawa et de Sakishima avec une population totale de 1 420 000 habitants.

  

Avant de devenir japonaises, les îles Ryūkyū ont été un royaume pendant quatre siècles (1429-1879). Sous emprise chinoise puis japonaise, ce royaume maritime a tissé des liens commerciaux avec plusieurs pays de l’Asie du Sud-Est. Au fil du temps, une culture particulière, influencée par les cultures chinoise, coréenne et japonaise, y a prospéré avec ses dialectes, ses rites religieux, ses monuments funéraires, ses arts (danse, théâtre, musique, architecture), son artisanat (tissage, verrerie, poterie, laque) et sa gastronomie (cuisine Kyûtei Ryôri).

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B comme bibliothèque

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En japonais, bibliothèque se dit « toshokan », 図書館, avec tosho – 図書 – le livre – et kan – 館 –  le bâtiment. Deux termes ont désigné la bibliothèque : shokajukan (書籍館) et bunko (文庫).

Le mot plus ancien de Shojakukan (書籍館) qui a servi de dénomination pour la première bibliothèque publique construite sous l’ère Meiji est tombé en désuétude. Quand au terme de bunko (文庫), il est uniquement utilisé pour nommer les bibliothèques pour enfants tenues par des bénévoles. 

Le terme actuel de toshokan s’est imposé aux alentours des années 1880. S’il existe un terme japonais pour signifier « bibliothèque », il n’en reste pas moins que la bibliothèque moderne au Japon est un produit d’importation occidentale dont les origines remontent à l’ère Meiji.

En 1853, les Etats-Unis mettent fin au « sakoku » (littéralement « fermeture du pays »), la politique isolationniste du Japon qui a duré pendant deux siècles, de 1650 à 1852. Quelques années après la réouverture du pays, plusieurs ambassades de haut-dignitaires japonais partent vers les Etats-Unis et l’Europe. Les buts sont autant politiques que scientifiques. Politiques car il s’agit de renégocier les traités « inégaux » qu’a signé le Japon avec les puissances occidentales. Scientifiques car il s’agit aussi d’observer et d’étudier la civilisation occidentale dans toutes ses dimensions afin d’en tirer tous les enseignements utiles à la modernisation du Japon. 

Fukuzawa Yukichi, personnalité majeure du Japon moderne, participe à la première mission diplomatique aux Etats-Unis en 1859. Il est l’un des tout premiers à visiter des bibliothèques occidentales. A son retour, il fonde une école qui deviendra plus tard l’université Keio. Viennent ensuite Tanaka Fujimaro, ministre de l’Education, des sciences et de la culture, et Josef Hardy Neesima, fondateur de l’université de la Doshisha, tous deux membres de la mission Iwakura en 1871.

Tanaka Inagi, premier directeur de la bibliothèque impériale, visite en 1890 la bibliothèque du Congrès à Washington et plusieurs bibliothèques nationales en Europe afin de jeter les fondements de la future bibliothèque nationale japonaise.Les premiers bâtiments ouvrent au début des années 1870.  Leur architecture témoigne d’une influence occidentale dont la trace perdure jusqu’à notre époque.

Repères chronologiques

La bibliothèque citoyenne de Setouchi

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MOMIWA, l’aventure citoyenne de la bibliothèque de Setouchi

Citoyenne, la bibliothèque de Setouchi porte bien son nom. Voulue par les citoyens, elle a été faite pour eux et avec eux. Son histoire commence en 2009, lorsque le maire sortant promet dans son programme électoral une nouvelle bibliothèque.

La bibliothèque de Setouchi a reçu le prix de la Bibliothèque de l’année en 2017.

La ville de Setouchi et les alentours

Sur l’axe est-ouest du Shinkansen entre Hiroshima et Kyoto, à trente minutes d’Okayama, capitale éponyme de la préfecture, la ville de Setouchi, créée en novembre 2004, regroupe trois anciens bourgs : Osafune au nord, Oku au sud-ouest et le port d’Ushimado, donnant sur la mer intérieure de Seto, au sud-est. 

Très impliquée dans le développement du tourisme pour redynamiser la région, la ville communique sur ses atouts, avec son histoire ancienne, ses savoirs faire ancestraux et la beauté de son littoral, de son oliveraie et de ses couchers de soleil. Elle est notamment réputée pour ses katana, fabriqués depuis la période Heian, et pour ses poteries,  activité elle aussi très ancienne et très répandue. A quelques kilomètres de là, se trouve la ville de Bizen mondialement connue.  Depuis son ouverture en juin 2016, la bibliothèque est présentée comme l’un des points forts de Setouchi.

Les “Toshokan future meeting”

Le site web de la ville évoque « l’état inacceptable de l’ancienne bibliothèque » dont on ne trouve guère de trace. Un an après l’élection du maire en 2010, une commission est créée pour élaborer un programme. Par le biais d’une pétition, des citoyens de la ville s’invitent dans le projet.

En 2011, le futur directeur de la bibliothèque est recruté. Il met en place des ateliers de consultation citoyenne, les « Toshokan Future Meeting », fondés sur une démarche participative qui inspirent, nourrissent et définissent les contours de la nouvelle bibliothèque. Tout le monde est invité à exprimer ses besoins et ses attentes : homme, femme, enfant, adolescent, adulte, personne âgée, femmes au foyer, collégiens, lycéens, actifs, retraités…  Près de vingt sessions sont organisées pendant cinq ans. 

Autre particularité du projet, la bibliothèque étant construite à la place de l’ancien musée municipal, à coté du centre social municipal, une partie des collections muséales sont intégrées dans la programmation scientifique et architecturale. Les habitants sont invités, là aussi, à faire des propositions.

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La bibliothèque du Nichibunken

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Situé à l’ouest de Kyoto, le Kokusai Nihon Bunka Kenkyū Sentā ou Nichibunken est un centre international de recherche dans le domaine des études japonaises. La majeure partie de ce complexe qui comprend plusieurs bâtiments dont des salles de séminaires, un auditorium, un restaurant et deux résidences pour les chercheurs étrangers, a été construite entre 1989 et 1994.

Placée au centre, avec l’équivalent d’un quart de la surface bâtie, la bibliothèque occupe une place de choix dans cet ensemble unique. Avec sa forme cylindrique et son dôme, elle est aisément repérable de l’extérieur. On y accède une fois franchie la cour pavée, armoriée au motif « seigaiha ». Si la conception d’ensemble du Nichibunken est d’inspiration japonaise, la bibliothèque est, quand à elle, d’inspiration occidentale.

L’architecte, Uchii Shozô, a fait le choix classique d’une rotonde. Les salles de lecture du Thomas Jefferson Building de la bibliothèque du Congrès à Washington et de la bibliothèque publique de Stockholm ont été ses principales sources d’inspiration. L’esthétique a été particulièrement soignée avec une recherche évidente d’harmonie dans l’organisation des formes et des volumes.

Depuis l’entrée, l’usager est guidé vers un édicule en forme de kiosque. Au centre de la circonférence, il sert de point d’accueil. Au sommet du dôme, un oculus et des vitraux répartis tout autour diffusent une lumière tamisée.

Principalement orientées en sciences humaines, toutes les collections de la bibliothèque du Nichibunken portent sur le Japon avec une forte représentation d’ouvrages en japonais mais également en chinois et en anglais. Leur accroissement a nécessité la construction d’annexes en 1994, en 2010 puis en 2014. Placées en enfilade, elles communiquent entre elles horizontalement et verticalement pour faciliter la circulation à l’intérieur des quatre bâtiments. La capacité maximum prévue est de 600 000 ouvrages.

Destinés à un public restreint de chercheurs, ces magasins sont en accès libre et ont été aménagés, pour certains d’entre eux, pour y travailler. En 2018, 22 300 entrées ont été comptabilisées.

  • Architecte : Uchii Shozô
  • Année d’ouverture : 1990
  • Bibliothèque intégrée dans un complexe  
  • Superficie du Nichibunken : 18 739 m2
  • Superficie de la bibliothèque : 4 830 m2
  • Livres : 556 500

La bibliothèque municipale de Moriyama

La bibliothèque municipale de Moriyama ou la bibliothèque « forêt »

La ville de Moriyama

A trente kilomètres de Kyōto, accessible par le train en une demi-heure, Moriyama est l’une des villes du Keihanshin, la région métropolitaine constituée par la conurbation des trois villes les plus peuplées que sont Kyōto, Ōsaka et Kōbe. L’ensemble représente dix-neuf millions d’habitants, soit près de 15% de la population totale du Japon. Moriyama se situe dans la Préfecture de Shiga où se trouve le plus grand lac du pays, le lac Biwa.

En quarante-et-un ans, la population de Moriyama a presque doublé. En 1978, il n’y avait que 43 381 habitants. En 2019, on en comptait 82 132. Le développement économique et l’afflux des populations vers les villes expliquent cet essor, favorisé par un parc immobilier bon marché. Fait notable, même si la population vieillit comme partout, la municipalité continue à comptabiliser de nouveaux habitants.

Au même titre que les autres villes limitrophes, dont Otsu, la capitale de la préfecture, Moriyama est l’une de ces cités « dortoir » dont une part importante de la population fait tous les jours, via la ligne JR Tōkaidō (Japan Railways), le trajet aller et retour pour se rendre sur son lieu de travail à Kyoto ou Osaka.

La ville ne manque pas d’atouts pour autant. Donnant sur le lac Biwa, elle est l’une des étapes de la route, dédiée au cyclotourisme, qui entoure le lac. Elle possède quelques temples, témoignages du temps passé. Et surtout, elle peut s’enorgueillir de posséder l’un des plus beaux musées de la région, le musée Sagawa, à l’architecture exceptionnelle.

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La bibliothèque municipale de Taketa

Sensible à la qualité de la construction ainsi qu’à l’esthétique du bâtiment, le jury du Comité « Architecture » de l’Association des bibliothèques japonaises décerne en 2019 le 35ème prix “Architecture” à la bibliothèque municipale de Taketa

Taketa et la région volcanique du Mont Aso

Sur l’île de Kyushu, dans la préfecture d’Oïta, Taketa est une petite ville, située non loin du Parc Kuju et du Parc naturel du Mont Aso. Le mont Aso, avec une quinzaine de cônes volcaniques, est l’un des plus grands volcans du Japon. C’est aussi l’un des plus dangereux.

Taketa, une histoire, un territoire, des paysages

Taketa est une ancienne ville forteresse avec un château vieux de quatre cents ans dont il ne reste plus que des vestiges. A proximité du château, un sanctuaire shinto, le Hirose Jinja, surplombe le centre de la vieille ville. Du promontoire, on peut apprécier la beauté des paysages. Les activités économiques de la ville et de ses alentours se concentrent essentiellement sur l’agriculture et le tourisme. Riche en sources d’eau chaude, dont des eaux fortement gazéifiées, il y a plusieurs onsen dans la région.

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La bibliothèque municipale d’Anjo

Anjo et la préfecture d’Aichi

Située sur l’île d’Honshū, au centre du Japon, dans la région du Chūbu, Aichi est, avec Tokyo et Ôsaka, l’une des préfectures les plus prospères du pays. Centre industriel et commercial, sa capitale, Nagoya, fait partie des plus grandes métropoles japonaises, reconnue à l’échelle mondiale. Son port est le plus important en volume de marchandises transportées. Au centre d’un réseau ferroviaire et routier très dense, dotée d’un aéroport international proche du centre ville, Nagoya est une plaque tournante qui relie de nombreuses villes japonaises et étrangères.

L’histoire récente de la préfecture se confond avec celle du groupe Toyota, dont le siège social est à quarante kilomètres, à l’est de Nagoya, dans la ville éponyme. Plusieurs usines du groupe sont implantées dans différentes villes  de la région et font vivre de nombreux sous-traitants. Outre l’automobile, l’aérospatiale, la robotique, l’électronique et l’industrie lourde sont les secteurs d’activités de pointe. Leader dans l’industrie, la recherche et l’innovation, Aichi arrive en sixième position en matière agricole, avec l’élevage, la production de légumes et de fleurs. Ouverte sur l’océan pacifique avec la grande baie de Mikawa, Aichi a aussi une activité de pêche importante. Forte de ce dynamisme économique, la préfecture d’Aichi est l’une des rares préfectures dont la population continue d’augmenter, même si la tendance tend à ralentir ces dernières années.

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La bibliothèque municipale et le Learning center de Tamano

Le lent déclin démographique de la ville de Tamano

Avec le grand port d’Uno, la ville de Tamano a été pendant longtemps un important centre de transport. Depuis la mise en service en 1988 du grand pont de Seto qui relie les départements d’Okayama et de Kagawa à travers une série de cinq petites îles au Japon, le transport maritime a vu une baisse importante de son activité. La démographie de la ville est en berne, elle aussi. Après avoir culminé à plus de 78 500 habitants en 1975, la ville a perdu en l’espace de quarante cinq ans près de 21 000 habitants. A défaut de pouvoir enrayer le phénomène qui a des impacts importants, notamment en matière d’urbanisme, les autorités de la ville ont lancé plusieurs plans pour lutter contre la dévitalisation de certains quartiers.

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La Nakanoshima children’s book forest

La Nakanoshima Kodomo no Hon no Mori d’Ando Tadao, la bibliothèque où il n’y avait que des livres

En juillet 2020, ouvrait sur l’île de Nakanoshima à Ôsaka, la dernière bibliothèque construite par Ando Tadao. 

L’île de Nakanoshima

Dans un paysage de gratte-ciels, de rocades aériennes et de grandes avenues où voisinent voitures et piétons, non loin de la grande gare d’Osaka et du quartier d’affaire d’Umeda, l’île de  Nakanoshima, avec sa grande allée verte jalonnée d’œuvres d’art, son parc de onze hectares et sa magnifique roseraie, offre un espace de détente et de promenade très prisé des citadins.

Au centre de la ville, cette petite île allongée de trois kilomètres et de 50 hectares, entourée par deux rivières, la Tosabori et la Dōjima, est un quartier d’affaire et un centre administratif important. C’est aussi un lieu de mémoire. Ouverts au public, on peut y découvrir la bibliothèque préfectorale construite en 1904 et l’Osaka city center public hall datant de 1918, monuments de facture occidentale, tous deux rescapés des bombardements américains qui ont détruit la quasi totalité de la ville en 1945.

Enfin, c’est un pôle culturel particulièrement actif et dynamique. On dénombre une douzaine d’institutions majeures dans un périmètre restreint. A pied, il est facile de rejoindre le musée national d’Osaka, le musée des sciences, le musée des céramiques orientales, le musée Kosetsu, le Hall des festivals, vaste salle de concert de 2700 places, ou le Grand Cube d’Osaka. Le musée d’art de Nakanoshima, prévu en 2022, viendra allonger la liste.

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La bibliothèque municipale de Takeo

Le cas “TAKEO” ou comment la bibliothèque municipale est devenue la première bibliothèque “TSUTAYA” 

En 2003, la loi sur l’autonomie des collectivités locales est révisée. Un nouveau cadre juridique permet de déléguer l’administration d’un service public à un organisme privé. Le mouvement de privatisation des bibliothèques publiques au Japon s’enclenche. L’ouverture en 2013 de la bibliothèque municipale de Takeo marque une date importante dans ce processus. 

 La ville de Takeo, son maire et sa bibliothèque 

Au nord de l’île de Kyushu, à une soixantaine de kilomètres de Fukuoka, la grande capitale de la région, Takeo est une ville de près de 50 000 habitants dans la préfecture de Saga. Grâce à sa nouvelle bibliothèque, la ville va devenir célèbre en quelques années.

 Peu satisfait des résultats de la bibliothèque, afin de relancer l’activité et rationaliser les coûts de fonctionnement, le maire de l’époque, Hiwatashi Keisuke, décide en 2011 de confier la gestion de la bibliothèque municipale à Culture Convenience Club,  la société d’exploitation de Tsutaya, la chaîne de librairies la plus importante du Japon. C’est une première. La municipalité signe une convention de trois ans avec CCC.

Avant sa réouverture, la vieille bibliothèque fait l’objet d’une rénovation. Le coût de l’opération est cofinancé par la mairie  (450 millions de yens) et par CCC (300 millions de yens). La bibliothèque rénovée ouvre le 1er avril 2013. Entre temps, la bibliothèque municipale de Takeo a opéré sa mue et est devenue la première bibliothèque «Tsutaya ».

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La bibliothèque municipale de Nimii

La salle japonaise de la bibliothèque de Nimii

Dans une région sauvage et reculée du nord-ouest de la préfecture d’Okayama, avec les montagnes Chugoku au nord et le plateau de Kibi au sud, traversée par la rivière Takahashi, la ville de Nimii propose sa nouvelle bibliothèque centrale dans un espace original rénové.

En face de l’Hôtel de ville, et juste à coté du Centre d’échange culturel doté d’un auditorium de mille places, la nouvelle bibliothèque de Niimi, la « Manabi no mori », a ouvert ses portes en avril 2017. Elle est le résultat de la reconversion d’un bâtiment municipal datant d’une vingtaine d’années –  un centre d’apprentissage tout au long de la vie – en une bibliothèque. C’est le bureau d’Ôsaka de la Nikken Sekkei Incorporate, agence d’architecture d’envergure internationale, qui a réalisé ce projet.

Très vaste, l’entrée impressionne. Son aménagement a été particulièrement soigné avec sa douzaine d’étagères de plusieurs mètres, décorées de livres, fixées sur le mur arrière de la banque d’accueil. A proximité, un très grand écran de diffusion informe des actualités de la bibliothèque. Le rez-de-chaussée se compose seulement de cet accueil et d’un petit espace d’exposition. Il faut emprunter un grand escalier pour accéder aux étages supérieurs où ont été installées les salles de lecture.

Les contraintes inhérentes à l’ancien bâtiment (espace tout en longueur, capacité limité de charge au sol) ont été transformées en atout avec l’emploi d’étagères basses qui n’obstruent pas la vue. Chaque niveau peut être appréhendé du regard dans sa totalité. Au 2ème et 3ème étages, le principe d’aménagement est simple : une banque d’accueil à proximité des escaliers et de l’ascenseur, une partie consultation avec des collections, et au fond des espaces spécifiques, une « Study room », un café « Manabi no mori » et une salle de réunion. 

La décoration et le mobilier coloré des salles de travail, collectives ou individuelles, ont été choisis avec goût et contribuent à offrir une ambiance de travail agréable.

Des éléments de datant de l’ancien équipement ont été conservés, dont les plus notables sont un petit jardin sec et une salle japonaise avec tatamis, où des cours de cérémonie du thé sont organisés de temps en temps. Une nouvelle version de la bibliothèque japonaise en somme.

 

  • Architecte : Architecte : Nikken Sekkei Incorporate – Ôsaka office
  • Année d’ouverture : 2017
  • Bâtiment intégré dans un complexe
  • Superficie : 3338 m2
  • Livres : 140 000 dont 67 000 en libre accès

 

A…comme association

Une des associations professionnelles les plus anciennes 

Après l’association des bibliothèques américaines créée en 1876, puis l’association des bibliothèques anglaises, créée un an après, la Japanese Library Association (JLA) a été officiellement fondée en 1892 par Tanaka Inagi, le premier directeur de la bibliothèque nationale japonaise. 

Depuis ses débuts, la JLA soutient l’activité des bibliothèques et des bibliothécaires. Elle se donne aussi pour objectif de promouvoir la lecture et la culture dans toutes ses dimensions. Association d’intérêt publique, dirigée par un conseil élu et un bureau, forte de près de 7000 membres dont une petite moitié sont des membres individuels, la JLA, en temps normal, organise tous les ans un congrès national dans une ville au Japon ainsi qu’une trentaine des séminaires, ateliers et journées d’étude. Elle est aussi à l’origine du lancement chaque 30 avril de la journée des bibliothèques. Cette initiative, inaugurée en 1971, fêtera ses cinquante ans cette année. 

Son organisation

L’association regroupe six départements avec principalement les bibliothèques publiques, les bibliothèques universitaires, les bibliothèques des collèges et les bibliothèques scolaires et les bibliothèques spécialisées.

L’activité se décline en 7 axes principaux :

  • Formation des personnels
  • Conseil auprès des bibliothèques 
  • Enquêtes 
  • Création d’outils d’aide à la gestion de bibliothèque  
  • Publications 
  • Campagnes de promotion
  • Coopération nationale et internationale 

Pour la mise en œuvre, la JLA s’appuie sur le travail de ses membres et de groupes de travail : copyright, liberté intellectuelle, conservation, enfants et jeunes adultes, relations internationales, management mais aussi comité pour la santé ou bien questions concernant les catastrophes naturelles font partie des thématiques de cette longue liste composée de 28 comités. 

Une activité éditoriale soutenue

Acteur majeur de la vie de la profession, la JLA a développé depuis les débuts des années 50 une activité éditoriale importante avec, à ses tous débuts, la publication d’outils régulièrement mis à jour  (Nippon decimal classification, manuels de catalogage, management et gestion des bibliothèques) et des collections thématiques. 

Depuis 1953, les résultats statistiques d’une enquête conduite au niveau national sont publiés tous les ans dans Les bibliothèques japonaises (Statistics on Library in Japan, disponible en version papier, elle est consultable en ligne sur abonnement.

Avec le livre de l’année, le Library Yearbook, dont la première édition date de 1982, il est possible de s’informer très précisément sur l’activité des bibliothèques publiques et universitaires. Ces deux titres sont des mines d’information indispensables pour étudier l’activité des bibliothèques japonaises.

Le mensuel, le Magazine des bibliothèques (Toshokan sasshi) est également une source d’information incontournable et complémentaire.